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Motifs & Sérigraphie

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Balade graphique

parcours artistique et culturel

En lien avec la thématique écologique et environnementale, dans ce cadre d’un parcours artistique et culturel, je poursuis depuis plusieurs années un partenariat avec le service culture et patrimoine de la ville de Rezé et Pascal, un des jardiniers du service des espaces vert, sur la connaissance de la flore urbaine, et de la beauté de la nature. Une méthodologie de projet que j’ai eu le temps d’affiner, impliquant 5 classes en moyenne par an depuis 2020. Une première collecte de végétaux est organisée autour de l’école. Puis au retour en classe, un temps de d’observation et de dessin libre est proposé aux enfants. La suite du parcours se déroule au sein de mon atelier où je présente ma pratique dans son contexte de production. Les élèves impriment ensuite 2 modèles d’affiche rassemblant les dessins réalisés en classe.

Ce travail pédagogique, son découpage en trois lieux: une part d’exploration sur site, des temps de synthèse et une production collective, avec des temps d’expression individuels et collectifs constituent sa méthodologie. La pertinence de ce projet est également dans sa capacité d’appropriation par les enseignants au sein de leur programme: l’imprimerie, la notion de collecte, l’observation, le vocabulaire scientifique, la mesure d’une couleur, les saisons etc…

Ici, la progression vers l’image, en partant d’une réalité tangible, donne à l’enseignant une place complémentaire à celle de l’artiste et du jardinier, tout d’abord par l’expérience commune de la collecte, les conseils sur le dessin, la connaissance des végétaux… Nous sommes tour à tour témoins, acteurs et porteurs d’un projet qui tente d’initier une écologie de l’esprit.

L’autre aspect signifiant du projet culturelle et artistique est le parcours affectif et esthétique créé de la collecte aux œuvres finales, par la valorisation de l’expression des élèves et la production d’une affiche qui dialogue avec le champ des images dites professionnelles grâce à la plasticité des matériaux de la sérigraphie. Le projet résonne plus largement que son temps de réalisation par la diffusion des sérigraphies par les enfants et leur rôle de prescripteur auprès des familles.

Un projet conçu pour des élèves de 3 à 12 ans.

 

 

 

ÉCOLOGIE DE L’ESPRIT

La discipline nommée “écologie” n’est pas tant la science du milieu que celle des relations d’un être vivant à son milieu. L’écologie, telle que nous la définissons, n’est ni la science d’un environnement objectif, ni la protection de ressources quantifiables, ni même la question de la nature, car la question de l’écologie est celle de la culture avant d’être celle de la nature.

Si l’esprit a un milieu qui évolue, et si ce milieu est originairement technique (du silex taillé au silicium des ordinateurs en passant par le biblion du Saint Esprit), alors, de même qu’il faut se soucier de la qualité des milieux naturels afin de préserver leur fécondité future, de même, il faut se soucier de la nature des milieux psychotechniques dans lesquels naissent et se développent de futurs esprits. Il faut présentement aborder la question écologique à partir du capitalisme culturel. Notre milieu de vie est définitivement industriel, et cette industrie est désormais le milieu de notre culture, c’est à dire de notre esprit, et c’est pourquoi nous parlons d’écologie industrielle de l’esprit. De ce point de vue écologique, la question esthétique, la question politique et la question industrielle n’en font qu’une.

L’écologie de la nature est une dimension de la question de l’écologie de l’esprit, c’est à dire d’une écologie générale des milieux : naturels, techniques, institutionnels, symboliques, etc. L’écologie de l’esprit conditionne en effet la résolution des problèmes d’écologie naturelle : si l’on veut modifier leur comportement, il faut changer l’esprit des consommateurs qui détruisent et jettent avant tout pour compenser une misère symbolique systémiquement installée et entretenue par des industries culturelles toxiques.

Autrement dit, la véritable question de l’écologie n’est pas celle de l’énergie de subsistance, l’épuisement des ressources fossiles, mais celle de l’énergie d’existence, l’épuisement de l’énergie libidinale.

Définition – Ars Industrialis – Bernard Stiegler

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